L'histoire du vin et de la vigne au Maroc
Le Maroc a toujours été une terre de vigne, pour preuve il est référencé comme l'un des derniers foyers de Vitis Silvétris dans les régions de l'Atlas.
Pour l'élaboration du vin il faudra attendre -500 avant Jésus-Christ et l'installation des comptoirs phéniciens et grecs qui développeront la production de vin. Ce sont les Romains dans la région de Volubilis qui intensifieront le phénomène, et bientôt l'on verra les amphores de Maurétanie Tingitane envahir les tables patriciennes de l'empire romain.
L'influence arabe a marqué de son empreinte la viticulture nord-africaine. Lors de leur arrivée en Espagne les Arabes ne manqueront pas d'y planter leur cépage, Le Faranat de Tunis, seul cépage autochtone encore usité au Maroc et connu aujourd'hui en Andalousie sous le nom de Majorquin. La production de vin ne disparaîtra pas du Maroc puisque la forte communauté juive fera perdurer la conduite de la vigne et la production de vin dans ses jardins.
Les Portugais, lors de leur installation à Azemmour, Safi et El Jadida planteront quelques vignes qui préfigureront les futurs vignobles des Doukkala.
A partir de 1875, l'Europe touchée par les ravages du phylloxéra, trouvera en Afrique du Nord et notamment sur les terres sablonneuses du Maroc son salut puisque les vignerons français ne sont plus en mesure de produire suffisamment de vin. A partir de 1905 les premiers bateaux chargés de raisins et de vins arriveront dans les ports d'Europe. Installés d'abord dans les régions de la Chaouïa, des Trifas, des Sahels, les viticulteurs Français, Espagnols, Italiens, découvriront ce nouvel Eldorado du vin qu'est le Maroc. Ils y planteront quatre cépages adaptés aux terroirs et aux vins produits : la Grenache, le Carignan, le Cinsault et l'Alicante. De Boulaouane à Benslimane, de Berkane à Meknès, de Guerrouane au Gharb ils vont dessiner et façonner le nouveau paysage de la viticulture marocaine. La première guerre mondiale leur offrira de larges débouchés. C'est l'âge d'or, l'époque des vins médecins.
Le traité de Rome, interdisant le coupage des vins européens avec les vins étrangers, sonnera le glas de ce premier âge d'or. Puis, sous l'impulsion de Brahim Zniber et de Guy Bacconet deux régions vont se distinguer tout au long des années 60, 70 et 80, les Celliers de Meknès à Meknès (Guerrouane et Ben M'Tir) et Thalvin à Benslimane, deux styles de vins différents représentatifs de leur terroirs mais avec toujours le même souci de qualité. Ils planteront des cépages nouveaux : le Cabernet-Sauvignon, le Merlot, le Sauvignon, la Syrah.
Les décennies 90 et 2000 seront celles d'un nouvel élan plein de richesses et de promesses. L'arrivée de nouveaux vignerons : Castel, Charles Melia, Gérard Gribelin, Jacques Poulain, la plantation de nouveaux cépages, Le Tanat, la Marsanne, la Roussane, le Malbec, le Viognier, l'Arinarnoa, le Chardonnay, le Chenin, le Tempranillo..., la création de nouveaux domaines : Le Domaine La Zouina, Le Domaine Val D'Argan, Les Deux Domaines, La Ferme Rouge, le développement de nouveaux terroirs ou la remise en route de terroirs oubliés, Essaouira, Béni Mellal, Rommani, Les Coteaux de l'Atlas.., une viticulture respectueuse de son environnement et maîtrisée, de nouvelles techniques de vinification, une approche de plus en plus qualitative avec la création et la reconnaissance de la première A.O.C marocaine, les Coteaux de l'Atlas Premier Cru et la première notion de Château avec Château Roslane, vont encourager et développer de nouvelles cuvées : Eclipse, Domaine de Sahari, Aït Souala, Domaine Rimal, Château Roslane, les Elixirs des Empereurs, S de Siroua, Volubilia, El Mogador, Orient, La gazelle de Mogador, Riad Jamil, Cuvée Première de Président, Lumière de Gérard Depardieu, CB Initiales, Tandem.....
L’entrée dans le 21ème siècle laisse entrevoir un nouvel âge d'or : celui des terroirs, de la qualité et de la reconnaissance pour ces femmes et ces hommes de la vigne et du vin qui perpétuent une tradition et un savoir faire vieux de plus de 2500 ans.